Le cercle vicieux de la faim
Date: 05 juin 2008 à 20:10:15 CEST
Sujet: Nutrition


Les prix alimentaires flambent partout sur la planète et ce n’est pas fini. Selon l’Organisation des Nations-Unies pour l’agriculture , la hausse devrait perdurer pour au moins 10 ans. Ce déséquilibre entre l’offre et la demande est issu de multiples facteurs.

Du côté de la demande:
L’augmentation du niveau de vie dans les pays émergents accroît la consommation de laitages et de viandes ;
Hausse de la population mondiale (80 millions d’individus supplémentaire par an) ;
Utilisation de la biomasse: céréales, canne à sucre… pour produire du carburant ; en 2010 aux Etats-Unis, un tiers de la production de maïs sera utilisée pour produire de l’éthanol ;
45% des céréales sont consommées par le bétail, il faut de 2 à 7 calories végétales pour produire une calorie animale.

Du côté de l’offre :
Le déséquillibre provient de facteurs environnementaux, économiques et institutionnels.
Les facteurs environnementaux :
Sur 14,8 milliards d’hectare de terres émergées, seul 5 milliards sont disponibles pour l’agriculture, le volume de ces terres est en constante diminution sous l’effet de :

  • Le réchauffement climatique, entraîne des sécheresses croissantes qui diminuent les rendements. L’Australie connaît une sécheresse persistante depuis plusieurs années ;
  • La déforestation accroît la stérilité des terres ;
  • L’urbanisation restreint les terres cultivables et assèche les nappes phréatiques ; il faut 1000 litres d’eau pour produire 1 kilo de blé.

Les facteurs économiques :
La persistance de prix mondiaux faibles depuis 50 ans a eu des conséquences pour l’agriculture des pays développés et émergents :

  • Elle a incité de nombreux pays en développement à se tourner vers une agriculture d’exportation au détriment d’une agriculture vivrière. Des pays comme les Philippines, dépendent des importations pour nourrir leur populations ;
  • L’agriculture des pays développés a connu des processus de rationalisation pour surmonter les bas prix du marché. Aujourd’hui, il n’existe presque plus de marges de rendements ;
  • Dans un contexte de raréfaction, les matières premières agricoles font l’objet d’une spéculation accrue.

Les facteurs institutionnels :
Les subventions à l’exportation des produits agricoles des pays développés comme les Etats-Unis ou l’Union européenne ont laminé le secteur agricole des pays en développement. Celui-ci n’a pas pu se moderniser faute d’investissement, seules 7% des terres arables sont irriguées en Afrique contre 38% en Asie.
Les plans d’ajustements du fonds monétaire international (FMI) ont souvent contraint les pays bénéficiaires à rechercher des recettes à l’export au détriment de l’agriculture de subsistance.
Même en modernisant l’agriculture des pays émergents, les besoins alimentaires auront du mal à être satisfait, en raison des effets du réchauffement climatique et de l’utilisation de la biomasse comme énergie.

Pour ne pas laisser mourir de faim les 800 millions de personnes qui vivent avec moins d’un dollar par jour, il va falloir changer nos habitudes en devenant végétarien, c’est inévitable. Adieu veau, vache, cochon, poulet, canard…


Source: http://bac2008.blog.lemonde.fr/2008/06/04/le-cercle-vicieux-de-la-faim/
Photo: http://blogimg0.ifrance.com/00/02/84/164926.jpg





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