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Effet de serre: Les grandes compagnies américaines proposent un plan de réduction des GES
Les grandes compagnies américaines, dont General Electric Co, BP America et les trois grands fabricants automobiles, ont récemment proposé au Congrès une loi de régulation des émissions de gaz à effet de serre du pays. Si ce plan de lutte contre le changement climatique est en phase avec les réalités économiques actuelles, les objectifs sont toutefois moins ambitieux que ceux proposés par le président Barack Obama.
Les grands industriels américains ont répondu aux prétentions écologiques du président Barack Obama en proposant au Congrès leur propre loi de régulation des émissions de gaz à effet de serre du pays.
U.S. Climate Action Partnership est un groupe qui comprend 26 grandes compagnies et plusieurs organisations environnementales. Il compte dans ses rangs les trois grands fabricants automobiles des Etats-Unis, le géant de l'énergie General Electrics Co ou encore BP America.
Le groupe a proposé le 15 janvier dernier au Congrès américain un plan de régulation des émissions de gaz à effet de serre, dont les limitations demeurent toutefois inférieures à celles préconisées par le président Barack Obama.
U.S. Climate Action Partnershipa a proposé de réduire les émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis de 80% par rapport aux niveaux de 2005 d'ici 2050, au moyen d'un programme de marché d'émissions à l'échelle de l'économie américaine.
«Ce ne sera pas bon marché et ce ne sera pas facile», a déclaré Jim Rogers, directeur exécutif de la compagnie électrique Duke Energy Corp, le troisième principal consommateur américain de charbon.
Lui et les autres PDG du groupe ont demandé au Congrès de faire voter cette nouvelle loi cette année, affirmant que des délais supplémentaires coûteraient davantage encore à l'économie sur le long terme.
«Notre seule peur est que de nombreuses personnes au Congrès cherchent des raisons de reporter encore l'action», a confié Jim Rogers.
Barack Obama avait lui préconisé une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 80% d'ici 2050 mais par rapport aux niveaux de 1990, sachant que les émissions de gaz à effet de serre américaines ont augmenté de 15% entre 1990 et 2005.
Les Etats-Unis sont le deuxième principal émetteur de gaz à effet de serre au monde après la Chine. Les leaders mondiaux espèrent que les deux pays participeront aux négociations qui conduiront à l'élaboration d'un successeur au Protocole de Kyoto sur le réchauffement climatique, d'ici la fin de l'année.
Le représentant démocrate de la Californie, Henry Waxman, qui préside le Comité, a déclaré qu'il souhaitait lui aussi rédiger une loi de régulation des émissions de gaz à effet de serre d'ici la fin du mois de mai prochain.
«Notre travail est de mettre fin à ce néant régulateur et de mettre notre nation sur un chemin responsable dans la limitation du changement climatique et dans la réalisation de notre indépendance en matière d'énergie», a expliqué Henry Waxman.
Le représentant républicain du Texas, Joe Borton, a déclaré que l'économie américaine ne pouvait pas supporter les coûts supplémentaires de ce genre de politique et a maintenu que la «science n'était pas fixée» sur le changement climatique.
Le groupe a proposé une réduction des émissions de 20% d'ici 2020 par rapport aux taux de 2005, de 42% d'ici 2030, et de 80% d'ici 2050.
D'après Charles Holliday, président de la compagnie DuPont Co, cette approche progressive devrait aider les compagnies et les consommateurs à s'adapter aux nouveaux coûts.
Le directeur de la compagnie NRG Energy Inc, David Crane, le dioxyde de carbone devrait être régulé dans les centrales électriques et les raffineries pour que le système soit aussi simple que possible.
Le U.S. Climate Action Partnership comprend également dans ses rangs ConocoPhillips, Deere and Co, ou encore le géant minier Rio Tinto.
Dans le cadre de ce plan de régulation, le gouvernement donnerait des permis de polluer aux pollueurs. Ces crédits pourraient être échangés, les pollueurs les achetant aux institutions qui auraient réduit davantage leurs émissions que ce qu'on leur demandait.
Barack Obama a d'ores et déjà estimé que ces permis de polluer devraient être vendus plutôt que donnés aux pollueurs.
S'il est moins ambitieux que celui du président Obama, ce plan de régulation des émissions de gaz à effet de serre a le mérite de provenir des grandes entreprises qui sont les premières concernées par ce plan, et se dessine donc davantage réalisable et plus en phase avec les réalités économiques actuelles de ces grands groupes.